Cela a toujours intrigué le Village : la petite taiseuse n'a jamais émis le moindre mot. Le meunier non plus d'ailleurs, lui qui dort le jour parce qu'il travaille la nuit, quand le Village s'est endormi. Alors autant que ce soit elle qui ait la charge de porter au meunier sa nourriture pour qu'il continue de fabriquer une belle farine pour le Village. Mais que soudain ces deux-là se parlent, s'entendent et se comprennent, et c'est tout l'équilibre du Village qui en est bousculé. L'auteur utilise le registre du conte pour évoquer l'égocentrisme et la difficulté de communication entre les êtres. Dans ce livre qui parle essentiellement du mutisme psychologique des individus, ce sont les bruits de la nature et la personnalisation du Vent qui soufflent à l'oreille des hommes la nécessité d'écouter les émotions, et ce que les autres peuvent avoir à dire d'eux-mêmes. Dans une ambiance très intemporelle, le récit prend le temps de laisser la réflexion des personnages cheminer vers une conclusion positive. Des illustrations fines, nuancées, allégoriques aident à comprendre le sens caché des choses, et apportent leur touche poétique à ce beau livre intimiste. Pour bons lecteurs autour de 8-9 ans. (source : hebdodesnotes.com)